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Vendredi 4 juillet 2008
INDEPENDENCE DAY

    L’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles) voit la naissance progressive d’un Nouveau Monde outre-Atlantique. En Amérique du Nord, c’est le début de l’aventure des treize colonies américaines. De provenance européenne et plus particulièrement britannique, elles s’installent durablement sur la côte Nord-Est du sous-continent. Alimentées par un flux régulier de migrants, elles constituent dès le départ des colonies d’exploitation mais aussi et surtout de peuplement.

    La Grande-Bretagne n’est, cependant, pas la seule puissance européenne présente sur les lieux. Dès le XVIe siècle, les rivalités coloniales naissent déjà avec l’Espagne, les Pays-Bas et, au siècle suivant, avec la France. Si les deux premiers sont éliminés à partir du XVIIe siècle, la France devait être une puissance rivale autrement plus dangereuse jusqu’au XVIIIe siècle.

    En obtenant le
Mississippi, les Français vont, en effet, bloquer la progression des colons britanniques vers l’Ouest. L’affaire devait se solder de 1756 à 1763 par la Guerre de Sept Ans. Le conflit naît de manière classique en Europe, mais s’étend très rapidement aux possessions coloniales des deux grandes puissances. D’emblée, les sous-continents nord-américain et indien deviennent des théâtres d’opérations, ainsi que les mers qui y conduisent. Du fait de l’extension géographique des combats, d’aucuns n’ont pas hésiter à parler d’une première guerre mondiale. La Guerre de Sept Ans se termine par un véritable désastre pour la France, qui perd son premier empire colonial, ainsi que son influence culturelle en Amérique du Nord comme en Inde.

    Au XVIIIe siècle, les colonies du Nouveau Monde sont dynamiques, riches et actives. Elles se considèrent comme britanniques, et ont participé de manière décisive à la lutte contre la France. Donnant naissance à une société de planteurs, d’artisans et de commerçants structurée, leur démographie (4 millions d’habitants au premier recensement en 1790) comme leur commerce sont en plein essor. Cependant, avec la disparition de la menace française dans les vallées de l’
Ohio, du Mississippi et du Saint-Laurent, ce sont de nouvelles tensions qui apparaissent rapidement avec la métropole de tutelle: la Grande-Bretagne.

    Pourtant, ces tensions avec l’Angleterre étaient déjà portées tout au long du XVIIIe siècle. Elles se cristallisaient sur la volonté du gouvernement britannique de vouloir imposer l’économie des colonies à travers un ensemble de taxes sur les produits agricoles, mais aussi sur tous les documents écrits
(droit de timbre en 1765). Très impopulaires, ces taxes suscitent des réactions d’opposition de plus en plus radicales de la part des colons. À chaque fois, le scénario est semblable: face à l’opposition des colons, Londres recule et baisse - si ce n’est annule - les taxes, avant d’en imposer de nouvelles.

    La tension et les rancoeurs s’accumulaient cependant de part et d’autre. Elles prirent un tour particulièrement grave à
Boston, le 15 mars 1770, lorsque les troupes anglaises ouvrirent le feu sur une foule mécontente. Trois ans plus tard, toujours à Boston, éclata la crise entrée dans l'Histoire sous le nom de "Boston tea party." Afin de marquer leur opposition à la concurrence déloyale que l’Angleterre favorisait dans le commerce du thé, des colons déguisés en Indiens Mohawk détruisent une cargaison de thé dans le port de Boston, le 16 décembre 1776.

    Ces événements sont décisifs car, désormais, l’Angleterre, décidée à ne plus reculer, s’engage dans une politique répressive à l’égard des colonies. Les libertés du Massachusetts, dont Boston est la capitale, sont sévèrement limitées, et des renforts militaires sont envoyés sur place. Bien que divisés sur les moyens de lutter contre la politique anglaise, les colons s’unirent contre ce qu’ils considéraient comme une décision arbitraire et dangereuse pour eux. Quelle sera la prochaine colonie qui verra ses libertés supprimées?

Reproduction d'une peinture de Edward Percy Moran (1862-1935) décrivant la rencontre (fictive) entre Betsy Ross et George Washington. Celle-ci présente au Général et à des membres du Congrès le premier drapeau américain qu'elle vient de fabriquer

    C’était moins le rejet de l’autorité du souverain britannique que le refus de la politique du Parlement de Londres, que les colons voulaient avant tout exprimer. Cependant, que ce soit George III ou son gouvernement, les Britanniques ne comprirent pas que les colonies nord-américaines avaient évolué de manière décisive et irréversible depuis le XVIe siècle. La distance géographique y était pour beaucoup dans l’apprentissage du self-government, mais il faut aussi souligner le poids des traditions religieuses et politiques, l’application de principes philosophiques et juridiques britanniques même dans l’exercice du pouvoir et la relation entre ce dernier et les sujets. Le gouvernement britannique se radicalisa au moment où la situation des colonies demandait plus particulièrement de la souplesse.

    Un premier Congrès continental se réunit en 1774 à
Philadelphie en Pennsylvanie. Il regroupa les représentants de toutes les colonies américaines, qui demandèrent la liberté de se gouverner eux-mêmes, l’égalité avec les Anglais et le droit de décider de leurs propres impôts. Les colons disposaient de milices dont les hommes devaient pouvoir être mobilisés dans la minute qui suivait la proclamation de l’état d’urgence. On les appelait les Minutemen.

    Les heurts entre les Minutemen et les soldats anglais (
Red coats appelés aussi Bloody backs ou Lobsters) se multiplièrent, d’abord à Lexington le 19 avril 1775. Très rapidement, ils s’étendirent aux environs de Boston, notamment à Bunker Hill où le 17 juin de la même année eut lieu une véritable bataille. La Guerre d’Indépendance avait, en fait, commencé.

    Au mois de juillet suivant, le deuxième Congrès continental se réunissait à nouveau à Philadelphie. Il décidait la levée d’une véritable armée, dont le commandement fut remis pour la durée du conflit à George Washington. L’année qui suivit ces événements fut consacrée à la préparation de la lutte armée. Mais ce fut surtout durant cette période que les Pères fondateurs de la nation américaine –
Thomas Paine, Benjamin Franklin, John Hancock, Thomas Jefferson, George Washington, Samuel et John Adams, James Wilson, Robert Livingstone - entreprirent un travail idéologique fondamental visant à detacher les colonies de la Couronne d’Angleterre. L’idée d’Indépendance devenait une réalité.

    “Les Anglais et les Américains sont égaux, comme tous les hommes le sont. George III est un tyran qui ne respecte pas les traditions britanniques; les colonies, opprimées dans leurs droits naturels, doivent sortir de l’Empire et former un État indépendant.”

Thomas Paine, Le Sens commun, janvier 1776

    Philadelphie devint, dès lors, la capitale de la Révolution américaine, et le 4 juillet 1776, le Congrès y proclama la
Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique.

AMERICA THE BEAUTIFUL


GOD BLESS THE USA
Par America Home of the Brave - Publié dans : Histoire - Communauté : Passion Histoire
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