Dimanche 27 janvier 2008
LE TERRORISME EN IRAK

Qui sont ceux que la coalition nomme « insurgés » en Irak depuis 2003 ? Le terme est vague et il a pu même conduire à des parallèles
désastreux, notamment de la part d’un certain Michael Moore. L’acception très générale du terme a
pourtant un mérite, celui de pouvoir désigner en un seul mot tous ceux qui souhaitent, pour des raisons diverses, le chaos en Irak. Il faut, cependant, comprendre que l’insurrection a des
visages divers, et que sa nature a évolué depuis 2003.
Aujourd’hui, l’insurrection désigne une nébuleuse de groupes armés, essentiellement djihadistes, cherchant avant tout à empêcher l'émergence d'un État de droit et d'un régime démocratique en Irak. Elle est cependant significativement affaiblie, et se réduit de plus en plus à Al Qaida depuis le ralliement des tribus sunnites, et la réintégration de nombreux éléments de l'ancien régime dans les forces de sécurité.
Symboles de l'autorité du nouvel État irakien, les forces de police et de sécurité gouvernementales sont cependant toujours visées dans des attentats qui ont été très meurtriers depuis le début de la guerre. Leur capacité récente à mieux se protéger, du fait de leur montée en puissance et de leur nouvel équipement en véhicules MRAP, a cependant fait sensiblement baisser leurs pertes durant l'année 2007. Ce n'est malheureusement pas le cas en ce qui concerne les populations civiles, qui continuent de payer un prix très lourd dans tous les attentats commis par Al Qaida.
Aujourd’hui, l’insurrection désigne une nébuleuse de groupes armés, essentiellement djihadistes, cherchant avant tout à empêcher l'émergence d'un État de droit et d'un régime démocratique en Irak. Elle est cependant significativement affaiblie, et se réduit de plus en plus à Al Qaida depuis le ralliement des tribus sunnites, et la réintégration de nombreux éléments de l'ancien régime dans les forces de sécurité.
Symboles de l'autorité du nouvel État irakien, les forces de police et de sécurité gouvernementales sont cependant toujours visées dans des attentats qui ont été très meurtriers depuis le début de la guerre. Leur capacité récente à mieux se protéger, du fait de leur montée en puissance et de leur nouvel équipement en véhicules MRAP, a cependant fait sensiblement baisser leurs pertes durant l'année 2007. Ce n'est malheureusement pas le cas en ce qui concerne les populations civiles, qui continuent de payer un prix très lourd dans tous les attentats commis par Al Qaida.
Base de Tajir (août 2006). Quelle qu'elle soit, l'insurrection cherche à déstabiliser le nouveau gouvernement irakien afin d'empêcher l'émergence d'une démocratie. Dans cette
perspective, les nouvelles forces de sécurité ont payé un prix humain très élevé dans la guerre contre le terrorismeCes groupes insurrectionnels peuvent donc être qualifiés de « terroristes » dans la mesure où ils frappent aveuglément les communautés et les ethnies qui constituent la société irakienne. Ils sont responsables de la très grande majorité des tueries et massacres d’Irakiens, ainsi que ceux d’étrangers, surtout occidentaux. La terreur est leur stratégie face à une armée américaine qu’ils ne peuvent espérer vaincre militairement. Leur tactique est celle d'une guérilla dont les moyens sont principalement les attentats suicides, l’emploi d’IED, le sniping, les coups de main au mortier et à la roquette. Le recours aux meurtres et aux enlèvements est également fréquent.
Les objectifs des terroristes quels qu’ils soient concernent avant tout les soldats américains, ceux des autres pays de la coalition, ainsi que tous les représentants du nouveau gouvernement irakien : forces de police et de sécurité, personnel civil des administrations... Les cibles peuvent être également économiques : complexe pétrolier et oléoducs. D’une manière générale, tous les étrangers, surtout s’ils sont occidentaux, sont directement menacés : personnels travaillant pour des entreprises de reconstruction ou l’aide humanitaire, contractors et journalistes.
Le contractor italien Salvatore Santoro. Capturé par le Mouvement islamique des Moujahiddines d'Irak, il fut exécuté peu après
(2004)Jusqu'en 2007, le centre de gravité de l’insurrection est la communauté sunnite dont l’aire géographique s’étend du Nord-Ouest de Bagdad aux villes de Tikrit, Ramadi, Samarra et Fallujah. Le fameux « Triangle sunnite ». Au lendemain de la chute de Saddam Hussein, ces sunnites irakiens, dont beaucoup étaient d’anciens partisans ou des membres du parti Baas, fournirent un soutien logistique très important aux réseaux terroristes sunnites extérieurs au pays: ce que nous pourrions appeler Al Qaida. Al Qaida trouva, en effet, un financement organisé, ainsi qu’une une aide dans la connaissance du terrain à travers le réseau des tribus sunnites. Ces dernières ont incontestablement permis l’enracinement de groupes tel Tawhid wal Jihad dans un premier temps, le groupe d’Abou Moussab Al-Zarkaoui.
Avant d'être abattu par un raid de l'armée américaine en juin 2006, Abou Moussab Al-Zakaoui fut l'un des terroristes les plus sanguinaires
d'IrakJusqu’en 2006, la situation en Irak fut particulièrement chaotique du fait du caractère multiforme de l’insurrection qui, partant, ne put être circonscrite à un ennemi précisément identifié. En termes simples, nous pouvons dire que les Etats-Unis cristallisaient toutes les oppositions que l’on pouvait rencontrer alors en Irak.
Le premier réservoir terroriste était alimenté par les partisans de l’ancien régime : membres du parti Baas, Fedayins, combattants des unités de la Garde Républicaine imprudemment et trop rapidement licenciés par l'Administrateur de l'Autorité provisoire en Irak Paul Bremer. Le deuxième réservoir rassemblait les ennemis de Saddam Hussein, dont le nationalisme poussait pourtant à combattre la présence américaine et occidentale.
Nationalisme, haines
interconfessionnelles et politiques inhérentes à la société irakienne se sont conjuguées avec la haine islamiste de l'Occident, dont les États-Unis symbolisent la
puissance
Image de propagande diffusée sur un site islamiste, et qui appelle à l'unité dans le djihad autour de la personne d'Oussama Ben Laden (au centre). De grandes figures du terrorisme islamiste sunnite, ou anti-israélien, figurent au côté du chef spirituel
d'Al Qaida. On y reconnaîtra le Cheikh Ahmed Yassine, chef spirituel du Hamas, et Chamil Bassaïev, un terroriste tchétchèneUn troisième réservoir est constitué par des groupes islamistes dont beaucoup sont des groupes dits « étrangers », c’est-à-dire formés de djihadistes provenant d’autres pays : Syrie, Arabie Saoudite, Yémen, Soudan, voire des pays de l’Union européenne. Notons la présence du groupe islamiste Ansar Al-Sunnah qui opérait particulièrement dans le Kurdistan irakien. Ces djihadistes pénètrent en Irak par l’Arabie Saoudite, la Syrie, la Jordanie et l’Iran. Pour finir, il ne faut pas oublier le nombre important de criminels de droit commun que le régime de Saddam Hussein fit relâcher peu avant de succomber. Les réseaux criminels se reconstituèrent, qui ajoutèrent par leurs exactions au chaos.

L’importance - non exclusive cependant - de la représentation sunnite au sein de l’insurrection s’explique par le rôle politique que cette communauté confessionnelle jouait en Irak depuis la période ottomane. Un rôle que la chute de Saddam Hussein a remis en question dans un pays largement chiite. D’où l’importance de ce qui se joue depuis décembre 2006 dans ce pays. La nouvelle stratégie de George W. Bush, et le « surge » mis en œuvre par le Général David H. Petraeus ont permis de diviser le front sunnite et de rallier à la cause américaine une grande partie des tribus sunnites.
Certes, ce ralliement est de circonstance dans un contexte où les tueries aveugles des islamistes ont fini par écoeurer beaucoup de Sunnites. Les contacts entre ces derniers et les chefs de tribus qui se battent aux côtés des Américains restent étroits. Les frontières sont poreuses entre les terroristes d’hier et ceux d’aujourd’hui… Deux inconnues pèsent également sur la situation actuelle : quel sera le comportement de ces tribus dans la durée vis-à-vis de la coalition ? Quelles sera le rapport de force à l'avenir entre ces tribus sunnites - actuellement armées et soutenues par Washington - et la communauté Chiite ?
Une guerre asymétrique sans visage ni uniforme où rien ne distingue le combattant du civil. Une guerre d'embuscade où l'on retrouve l'arsenal classique des
guérillas: fusil d'assaut Kalashnikov et lance-roquettes RPGCar la communauté Chiite participe potentiellement à l’insurrection. Elle est pour le moment neutralisée par une trêve, mais ses extrémistes n'attendent qu'une occasion pour en découdre à nouveau avec les forces de la coalition. Les Chiites sont très divisés entre eux, mais l'on assiste depuis 2003 à la montée du mouvement radical et nationaliste de Moqtada Al-Sadr. Disposant de la milice chiite la mieux organisée - l'Armée du Mahdi -, infiltré et appuyé par l'Iran, très présent dans les quartiers populeux de l'Est de Bagdad mais aussi dans le centre et le Sud du pays, le mouvement sadriste représente ces Chiites dont la haine des Sunnites n'a d'égale que celle des États-Unis et de l'Occident.
Sources: CHALIAND (Gérard), L'Amérique en guerre, Editions du Rocher, 2007, 286 p. "Irak: une guérilla omniprésente", in Raids, 233, octobre 2005, p. 6. OIF.
par America Home of the Brave
publié dans :
Guerre d'Irak
communauté :
Les amis des États-Unis
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