LA DÉFAITE D'AL QAIDA EN IRAK: LES CHIFFRES
Courbes établies d'après les chiffres donnés par le Général David H. Petraeus devant le Congrés
des États-Unis en septembre 2007
L'Histoire ne se répète pas, ce que regrettent très certainement les opposants anti-américains à la guerre déclenchée en mars 2003. Ceux-là mêmes
qui nous prédisaient - souhaitaient ? - que les États-Unis allaient revivre un deuxième Vietnam. À chaque difficulté rencontrée, un mot ne cessait alors de revenir dans les médias et les
commentaires divers, celui de "bourbier". Mais tandis que nous devisions, d'autres se battaient et plus de 3900 soldats américains sont depuis tombés.
Ces morts n'ont pas été inutiles. Aujourd'hui, l'Irak voit enfin la violence terroriste reculer, et à chaque victoire militaire qui se confirme
c'est une chance de plus qui est offerte à la démocratie irakienne. Certes, rien n'est encore vraiment acquis et la situation reste très fragile. La pacification demeure un enjeu à plusieurs
inconnues, dont les Américains ne pourront assumer la responsabilité à eux seuls. La société irakienne n'aura pas assez de toute son énergie et de tout son dynamisme pour retrouver le chemin de
la paix. À commencer par une réconciliation nationale entre Chiites, Sunnites et Kurdes, un rééquilibrage politique entre les deux premières communautés, que devra également consolider une
reconstruction économique générale.
Mais ce que montrent les statistiques éditées par l'OIF et l'Institute for study of war, c'est que Al Qaida est en train de
perdre la guerre en Irak. Alors que d'aucuns voulaient voir en l'Irak un autre Vietnam, c'est exactement le contraire qui vient de se dérouler. Dans un conflit asymétrique qui aurait pu
l'avantager, la mouvance terroriste a perdu le soutien populaire. Sa brutalité aveugle, ses orgies criminelles au nom du martyr, ont fini par exaspérer ces principaux soutiens depuis le début de
la guerre. Au fond, un homme tel que Abou Moussab Al-Zarkaoui ne pouvait qu'aider les Américains, car lorsqu'une guérilla
perd le soutien de la population, elle ne peut plus résister à la puissance qu'elle affronte.
Tous les indicateurs montrent aujourd'hui l'effondrement d'Al Qaida en Irak. Sa stratégie a été un échec, ses réseaux sont démantelés les uns
après les autres, nombre de ses chefs ont été capturés ou tués, beaucoup sont en fuite en Syrie et en Arabie Saoudite, une crise sans précédent mine son recrutement. Parallèlement à ce déclin
structurel, les Américains marquent de nombreux points: découvertes et nettoyages quotidiens de fabriques d'IED, de caches
d'armes, frappes permanentes sur des combattants djihadistes de plus en plus isolés en milieu rural, meilleure gestion des médias...
Les États-Unis sont peut-être sur le point de remporter une guerre asymétrique de premier ordre, et il faut l'espérer. Quoi qu'il en soit, l'Irak
n'a jamais été une réplique de la Guerre du Vietnam.
HONOR THE BRAVE, REMEMBER THEIR SACRIFICE!
par America Home of the Brave
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Guerre d'Irak
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AUTOPSIE D'UN CRIME DE GUERRE
Affiche du film de Nick Broomfield
La question des crimes de guerre hante tous les conflits. Elle est inévitable car inhérente à la guerre elle-même.
Très certainement parce que celle-ci est avant tout un déchaînement paroxystique de violence doublé d'une situation de non droit, nonobstant la volonté de la communauté internationale de réglementer cette violence. L’Église avait déjà, dès le Moyen-Age, tenté cette réglementation à défaut de
pouvoir interdire la guerre. C’étaient des initiatives dites « trêves » et « paix de Dieu ». De nos jours, il existe des textes et des définitions juridiques que l’on appelle communément conventions de La Haye (1899) et de Genève. Les conventions dites de Genève désignent un ensemble de traités internationaux - sept grands textes - rédigés entre 1949 et
2005, qui protègent de manière universelle les soldats, les civils, les prisonniers, les blessés, et tentent de moraliser la guerre.
Si ces textes sont clairs et ont l’incontestable mérite d’exister, beaucoup moins claire est la distinction que d’aucuns établissent entre le crime de guerre et le crime contre l’Humanité. Le premier désigne toute action répréhensible selon les définitions juridiques des conventions de Genève :
la torture, le viol, le pillage, l’exécution de prisonniers ou de civils, les prises d’otage… Le second désigne un crime à l'encontre d'une personne non pour ce qu’elle fait ou a fait mais pour
ce qu’elle EST. Quand le crime contre l'Humanité est étendu à l'ensemble d'un groupe humain selon des critères raciaux, ethniques, culturels, religieux, qu'il est mis en oeuvre de manière
systématique et organisée - toujours décidée en haut lieu - on parlera d'un génocide. Le viol peut entrer dans les catégories du crime
contre l'Humanité lorsqu’il est institué comme une mesure de terreur systématique à l’égard d’une population. De manière générale, à partir du moment où une politique vise directement et
spécifiquement les femmes et les enfants on peut parler de génocide, ces deux catégories étant par définition les relais par lesquels passe la survie d’un groupe humain (1).
Mon propos n'est pas de m'étendre sur les concepts philosophiques et juridiques de crime contre l'Humanité ni celui de génocide. D'autant plus que les définitions, encore de
nos jours, sont loin de faire l'unanimité des juristes et des États pour des raisons que l'on peut aisément imaginer. Ces définitions générales me permettront, cependant, d'affirmer d'emblée que
la guerre en Irak ne correspond ni de près ni de loin à un génocide du peuple irakien, contrairement à ce que nombre de sites douteux proclament,
chiffres controuvés à l'appui. Et il faut être un larbin intellectuel et moral, fondé d’ignorance, – comme l’anti-américanisme en produit tant – pour parvenir à une telle conclusion.
Mirador du pénitencier d'Abu Ghraïb
En revanche, des crimes de guerre ont bien été commis par des soldats américains à Camp Bucca (2003-2004), Abu Ghraïb (2003-2004), Haditha
(novembre 2005), Mahmudiya (mars 2006), Muthana (mai 2006), et très vraisemblablement ailleurs sans pour autant avoir été révélés ou médiatisés. Ces crimes sont aussi graves qu’ils sont
inexcusables. Chaque fois qu’ils se produisent c’est à l’Amérique toute entière qu’ils font perdre la face. Une Amérique d’autant plus frappée dans son
autorité morale, qu’elle se présente comme le porte-parole d’une démocratie universelle. À chaque fois que ces crimes de guerre sont perpétrés, il est encore plus difficile de convaincre et de
justifier d’une cause dont la justesse n’a pourtant pas changé, et pour laquelle tant d’hommes se battent encore.
Les guerres de l'Amérique sont des luttes autrement plus longues et plus difficiles que celles menées par leurs ennemis d'autrefois (les communistes) et ceux d'aujourd'hui (les
islamistes) qui ne se sont jamais embarrassés des mêmes principes juridiques et moraux. La Démocratie nourrit une exigence de transparence et de moralité que l’on ne trouve nulle par ailleurs.
Cette exigence, cependant idéale, ne préserve nullement de terribles perversions. Les guerres asymétriques, parce qu'elles rejettent les principes des lois de la guerre, provoquent ces
perversions et ces contradictions qui naissent de la distorsion entre l’image idéale - que met en avant le modèle démocratique - et l’épreuve des faits.
À cette épreuve des faits, les Etats-Unis connaissent, eux aussi, la tentation de l’illégalité et certaines de leurs actions vont indubitablement à l’encontre de leurs
principes fondateurs. Pourtant, si expliquer n’est pas excuser, beaucoup auraient tort d’interpréter la reconnaissance de cette faiblesse comme une victoire morale unilatérale. Car une défaite
des Etats-Unis en Irak serait ni plus ni moins que la défaite des démocraties occidentales face au totalitarisme islamiste. Les conséquences d’une telle défaite seraient politiquement comme
moralement catastrophiques pour le monde entier. C’est en comprenant cela, avant toute autre chose, que l’on peut examiner les crimes de guerre de l’armée américaine en Irak, sachant également
que la même analyse ne sera jamais étayée avec autant d’exigence sur les crimes de guerre – systématiques ceux-là - commis par l’insurrection et le terrorisme islamiste.
Nick Broomfield et ses acteurs durant le tournage du film "Battle for Haditha"
En réalisant un film sur les événements qui se sont déroulés à Haditha – une petite ville irakienne située à 260 km au
Nord-Ouest de Bagdad – en novembre 2005, le réalisateur britannique Nick Broomfield nous questionne de manière objective, rigoureuse et intelligente sur le crime de guerre dans un contexte de
guerre asymétrique. Son propos ne relève pas de l’émotion mais de l’explication. Partant, il fait de « Battle for Haditha » un film très réussi.
Sources : BACHARAN (Nicole), « L’administration Bush hors-la-loi », in Le Monde du jeudi 13 mai 2004. BRANCHE (Raphaëlle), La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie,
1954-1962, Gallimard, Paris, 2001. BRANCHE (Raphaëlle), La lutte contre le terrorisme urbain, Militaires et guérilla dans la guerre d'Algérie, Bruxelles, Complexe, 2001. BRUNETEAU
(Bernard), Le siècle des génocides, Paris, Armand Colin, 2004, 254 p. MOSSE (George L.), De la Grande Guerre au totalitarisme. La brutalisation des sociétés européennes,
Hachette Littératures, 1999, 296 p. SMITH (Bradley F.) et PETERSON (Agnes F.), Himmler Heinrich. Discours secrets, Paris, Gallimard, Collection Témoins, 1978, 262 p. (1) Lire notamment
le discours de Posen (octobre 1943) où le Reichsführer SS donne une définition implicite de ce qu’est un génocide. Crimes of war project.
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